La récente récompense du film « Pozitia Copilului » (Child’s pose) de Calin Peter Netzer à Berlin a mis une nouvelle fois à l’honneur un cinéma roumain symbolisé par sa « nouvelle vague », et permis à nouveau une mise en lumière de la situation paradoxale du cinéma en Roumanie.

Răzvan Rădulescu, romancier et scénariste, fait partie de cette génération ayant vécu la période pré et post-communiste. Inspiré par sa nouvelle Eu, în centru (Moi, au centre), dans laquelle il brosse un portrait de Bucarest, j’ai sillonné la ville à la recherche de lieux de mémoires du cinéma roumain. Motivé par mon intérêt du regard porté par la jeunesse roumaine sur cette génération de cinéastes, je me suis rendu à Cluj-Napoca, deuxième place forte du cinéma, mise à l’honneur par son festival international du film transylvanien.

Mon projet s’est d’emblée confronté  à la problématique de la représentation d’une vision actuelle de la jeunesse roumaine envers la production cinématographique et la fréquentation des salles du pays. A la fois proche de la réalité, mais évoquant aussi une perception cinématographique empreinte de nostalgie, j’ai choisi de présenter une vision bitemporelle à cheval sur les périodes pré et post-communistes. J’ai entrepris ce travail en m’attachant avant tout à la photographie des cinémas oubliés ainsi que des actuels cinémas d’art et d’essai. Bien que proche du documentaire, je ne souhaitais néanmoins pas tomber dans un style « carte postale ». Ainsi, ces prises de vues parfois rudes s’inscrivent dans une vision proche de la réalité en phase avec notre époque nous permettant une réflexion sur l’évolution de ce cinéma roumain.

A travers un parcours de photographies urbaines jalonné par ces lieux de mémoires, j’ai finalement souhaité illustrer ces multiples regards à la fois complexes et parfois opposés, mais ayant pour point commun, le constat d’un cinéma en crise lié à la société de son temps.

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