Notre démarche est née d’un désir commun de découvrir la Roumanie à travers le regard que les Roumains portent sur leur propre histoire.

Nous nous sommes appuyées sur l’œuvre La Roumanie (2003) de l’historien roumain Lucian Boia afin de rendre compte de la mémoire historique présente dans ce pays.

A travers nos lectures nous avons ciblé certaines villes dans lesquelles nous nous sommes rendues pour faire évoluer nos recherches.

Sur les traces des héritages culturels et historiques présents dans le paysage urbain et au fil de nos rencontres, un portrait hétérogène et riche s’est dessiné.

C’est à Bucarest que nous avons rencontré et interrogé Lucian Boia, un historien reconnu et respecté pour son franc-parler et la lucidité avec laquelle il analyse son propre pays.

Cet échange nous a permis d’orienter notre séjour et nos recherches, notamment dans le choix de nos différentes destinations.

Nous avons aussi rencontré deux jeunes étudiants en histoire, Ion et Razvan, qui nous ont éclairé de manière décomplexée et spontanée sur l’actualité politique, culturelle et sociale de la Roumanie.

Après notre journée à Bucarest nous avons pris le train pour Brasov, une ville d’héritage Allemand (anciennement appelée Kronstadt) située au milieu des montagnes des Carpates en Transylvanie. Il était important pour nous de découvrir dans quelle mesure cet héritage allemand est encore présent et quel rôle il joue dans cette ville aujourd’hui. L’hétérogénéité du paysage nous a frappé. La trace allemande, bien que présente à travers l’architecture, les enseignes ainsi que certains lieux de mémoire, semble néanmoins en voie de disparition.

La comparaison avec une autre ville au passé allemand, Sibiu (l’ancienne Hermannstadt) s’est vite imposée. Sibiu, capitale européenne de la culture en 2007, a profité de son nouveau statut et ainsi de nouveaux fonds destinés à la culture pour mettre en valeur son patrimoine historique. La rencontre avec Ioana Deac et Ana-Maria Paraian de la fondation HERITAS a confirmé cette impression. Leur travail consiste à rénover et protéger le patrimoine de la région.

C’est à ce stade de notre voyage que nous avons réalisé que nos recherches concernant l’histoire se heurtaient à plusieurs interrogations. Les enjeux du patrimoine historique, indissociables de la situation sociale et politique sont intimement liés ; démêler ces derniers s’est avéré être une tâche ardue.

La richesse du passé multiculturel et monarchique nous a guidé jusqu’à Sinaia où nous avons visité le château de Peles, ancienne demeure du premier roi de Roumanie, lui-même d’origine franco-allemande. Ce lieu emblématique pour les Roumains rassemble toutes les problématiques auxquelles nous nous sommes confrontées dont le passé communiste encore récent.

 

Dans son livre Lucian Boia  parle d’une certaine passivité, voire d’un désintérêt des Roumains face à leur histoire. Nos recherches sur place ont démontré que, certes, il y a des frustrations, en revanche l’héritage culturel se maintient dans les mémoires et le paysage.

L’avenir de ce riche héritage culturel roumain reste néanmoins dépendant des politiques culturelles à venir et d’un désir commun de préservation. 

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